Un Quartier de Meurchin s'appelle FACHODA. 

Qu'était Fachoda ?

Aujourd'hui Kodok 
Ville du Soudan, sur le Nil Blanc.

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L'«incident de Fachoda»

L'incident de Fachoda, en 1898, marqua le point culminant de la rivalité franco-britannique dans le bassin du Nil. Les deux nations cherchaient alors à donner une cohérence territoriale à leurs empires coloniaux respectifs : la Grande-Bretagne souhaitait s'assurer un passage entre l'Égypte et la région des grands lacs, afin d'avoir une bande de territoires continue de la Méditerranée jusqu'au cap de Bonne-Espérance ; la France poursuivait son expansion vers le nord-est, depuis l'Afrique occidentale et l'Afrique équatoriale jusque vers l'océan Indien, et mettait sur pied diverses missions destinées à relier entre elles les différentes parties du Sahara, du Soudan et du Congo — elles se rejoignirent en 1900 au Tchad. En outre, du côté français, les motivations de politique intérieure n'étaient pas absentes : le nationalisme, avec l'affaire Dreyfus et la perte de l'Alsace-Lorraine, connaissait en effet un fort regain de faveur.

Chronologie (1898): Incident de Fachoda 

En 1896, Gabriel Hanotaux, ministre français des Affaires étrangères, organisa une expédition placée sous les ordres du commandant Marchand, qu'il chargea, à partir du Congo, de rejoindre le Soudan ; le 10 juillet, Marchand atteignit Fachoda (aujourd'hui Kodok), dont il prit possession au nom de la France.

Dans le même temps, les Britanniques faisaient face depuis plusieurs années à la rébellion du Mahdi (assassinat de Gordon Pacha en 1885), et commencèrent à reconquérir les territoires du Soudan qui leur avaient échappé. Sir Herbert Kitchener fut chargé de cette mission à partir du sud de l'Égypte. Lorsque la nouvelle de l'occupation de Fachoda par Marchand lui parvint, Kitchener était engagé dans la reconquête d'Omdurman et de Khartoum ; aussi, n'est-ce que le 18 septembre que Kitchener arriva à son tour devant la ville, à la tête d'une colonne anglo-égyptienne. Aucun des deux hommes n'était disposé à renoncer à la possession du fort de Fachoda, mais dans le même temps, ils cherchèrent à éviter l'affrontement militaire.

Entre-temps, Hanotaux avait été remplacé aux Affaires étrangères par Théophile Delcassé - qui devait être, avec l'ambassadeur de France à Londres, Paul Cambon, l'un des artisans de l'Entente cordiale avec la Grande-Bretagne. Le nouveau ministre ordonna à Marchand de se retirer (4 novembre) ; Delcassé tenta encore par des moyens diplomatiques, sans succès, de conserver un passage vers le Nil. Enfin, un accord entre les deux pays intervint le 21 mars 1899.

La France renonçait à toute prétention sur la vallée du Nil, tandis que la Grande-Bretagne reconnaissait l'ouest du fleuve Congo comme zone d'influence française. La résolution de la crise franco-britannique constitua un tournant fondamental dans la politique extérieure traditionnelle de la France ; sous l'impulsion de Delcassé, lié aux intérêts des colons, la France choisit de se rapprocher de la Grande-Bretagne et de lui concéder un avantage dans la vallée du Nil afin d'avoir les mains libres pour sa politique en Afrique du Nord - avec l'ambition de faire du Maroc un protectorat français. La résolution de la crise de Fachoda constitua donc un pas décisif dans la construction, par Paris, des alliances dirigées contre l'Allemagne, et déboucha sur l'Entente cordiale en 1904.